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joncour.bruno@orange.fr


Bruno JONCOUR
Moniteur et Guide de Pêche

1 Chemin du Bois
ODET
29500 ERGUE GABERIC
Bretagne - FRANCE

Tél. : 02 98 66 69 23
Portable : 06 81 66 88 24



La Pêche à la mouche

en rivière 


Truite fario
Aujourd'hui, la pêche du bar est à la mode et attire de plus en plus de pêcheurs d'eau douce. Les rivières sont de moins en moins pêchées, mais cependant elles peuvent surprendre certains jours par leur densité de truites !

Les rivières du Sud Finistère sont des rivières à dimension humaine, très techniques, souvent peu fréquentées et pourtant bien peuplées en truites fario. C'est le royaume des petites cannes à mouche, légères, confortables, donnant un maximum de sensations ! 

En fait, depuis que j'organise des stages de pêche, mon oeil extérieur m'a permis d'observer, d'analyser, et d'en déduire que la technique pure du lanceur est primordiale, ainsi que son placement par rapport au poisson, bien avant toutes considérations. Malheureuseument, beaucoup de pêcheurs se contentent d'un minimum technique, se pénalisant d'eux-mêmes dès que les conditions de pêche se durcissent.

AU FIL DES SAISONS

Certaines rivières du Sud Finistère sont des rivières précoces. Le Ster Goz et l'Isole permettent de prendre des truites en noyée mais aussi en sèche dès le mois de mars.

Avril est le mois de la transition entre la mouche noyée façon Pelletier et la nymphe. La sèche reste valable au moment opportun pendant ce mois.

En mai, l'apparition de la mouche de mai est toujours un grand moment et permet de prendre de nombreuses prises en sèches. La nymphe moyenne devient indispensable quand le poisson ne monte pas.

Juin et juillet peuvent permettre de beaux coups du soir. En journée, la micro nymphe, associée à une bonne technique, permet d'enchaîner les prises et de ne pas s'ennuyer une minute.

Août est le mois des rivières basses, de la pêche en nymphe à vue. C'est le mois le plus difficile. Si vous êtes capable de prendre quelques truites pendant cette période test, c'est que vous avez réellement progressé !

Si des coups d'eau surviennent en septembre, vous pourrez vous essayer au streamer, mais une fois encore c'est la technique pure du lanceur qui fera la différence. Il faudra aussi résoudre l'adéquation pêcheur/poisson, l'intégration des dérives.

LA PECHE A LA MOUCHE SECHE

Sur les cours d'eaux bretons, c'est la pêche qui a le plus d'adeptes. Malheureusement, de nos jours il reste encore trop d'associations de pêche qui interdisent le wading sur leurs parcours, pénalisant la pêche à la mouche et freinant considérablement son développement . En effet, les rivières boisées de notre région ne permettent pas une bonne approche du bord. J'ai souvent rencontré des pêcheurs à la mouche de la berge, n'obtenant que de piètres résultats et qui après quelques sorties infructueuses, rangeaient leur canne au placard... Il aurait suffi qu'ils descendent dans l'eau pour que leurs résultats soient tout autre...

La pêche à la mouche en sèche en wading se pratique avec des petites cannes, faisant corps avec le pêcheur. Celles-ci augmentent énormément le plaisir de pêche ainsi que le confort du pêcheur. Dans les rivières bretonnes, et la majorité des cas rencontrés, la mouche n'a pas une importance primordiale. En effet, sur nos cours d'eaux boisés la nourriture peut aussi bien venir de la berge que du fond de la rivière. La truite sera sensible à l'impact qui, pour elle, est alimentaire.

En remontant le cours d'eau, votre placement avant de lancer par rapport au poste supposé du poisson, sera très important et il faudra utiliser "l'espace libre" pour développer la soie. J'ai constaté que la plupart des pêcheurs négligeaient ce placement, pourtant dans de multiples situations, c'est de lui que dépendra la montée ou le refus de la truite. Les lancers devront être précis sur les postes, et, sur un plan oblique, quand la configuration du secteur le permettra, un bas de ligne à déploiement rapide sera indispensable. Pour ma part, j'utilise avec succès les bas de ligne mis au point par Jean Atier, formateur technique des moniteurs en France. Leur principe est simple : le corps de ligne est toujours composé d'un 50, 40, 30, 20 centième + pointe, en sachant que pour que le bas de ligne aille vite, le 40 sera plus court que le 50, le 30 sera plus court que le 40, le 20 sera plus court que le 30. Il est préférable qu'à l'extrémité du 20, vous fassiez une micro boucle avec un clou ou que vous utilisiez les boucles mises au point par Roman Moser. En effet, le 20 se retrouve "mangé" rapidement avec les noeuds de la mouche, par conséquent, c'est la seule façon de garder un bas de ligne équilibré et constant. Pour un pêcheur débutant, le bas de ligne devra être toujours de la même longueur, et façonné de la même façon, autrement l'automatisme du lancer ne se créera pas. Pour la petite histoire, je me rappelle la première fois que j'ai pêché sur la Loue avec un bas de ligne de 4 à 5 mètres, il m'était impossible de visualiser ma mouche à sa tombée sur l'eau, car mes yeux allaient inexorablement là, ou j'aurai dû la trouver sur une rivière bretonne, c'est à dire à 2 mètres de ma soie.

Remarque : Il est souvent préférable de développer un bon geste sur la pelouse en faisant abstraction du poisson, car celui-ci monopolise l'attention du pêcheur au détriment de la technique.

Voici les points essentiels pour mieux lancer :

1/créer un mouvement linéaire : celui-ci est enseigné par La Fédération Française Mouche et Lancer
2/bien comprendre le nerf de sa canne
3/donner beaucoup de vitesse à la mouche en utilisant la main gauche (accroît énormément la précision, même à courte distance).

Regardez la main gauche de la plupart des pêcheurs : celle-ci tient la soie sans effectuer ce rôle d'accélérateur. Depuis de nombreuses années, nos rivières sont agressées par les rejets de toutes sortes, agricoles, urbains, industriels, ce qui perturbe le cycle des insectes, surtout au niveau superficiel de la couche d'eau. C'est pourquoi, le poisson est moins prompt à happer une mouche en surface qu'autrefois. Il faut donc percuter légèrement la mouche sur l'eau (l'impact est alimentaire pour le poisson) à contrario de ce qui était enseigné auparavant. Le poser percuté et dosé est obtenu avec un lancer à grande vitesse (main gauche), et des blocages précis de la main droite.

Exercice pour contruire un geste linéaire :

Il vous faut:
1/une canne d'action moyenne (éviter les cannes d'action de pointe)
2/un bas de ligne rapide d'une longueur de canne
3/une mouche bien voyante cassée à la courbure de l'hameçon

Vous devez:
sortir une longueur de soie égale a la longueur de la canne, faire un premier trait au sol, vous mettre à ras de ce trait, tendre votre bras et votre canne devant vous, demandez à un tiers de tirer sur la mouche pour tendre au maximum l'ensemble, le tiers fait un deuxième trait au niveau de la mouche, tout est tendu, votre bras, votre canne, votre soie, votre bas de ligne. Mathématiquement, si votre geste est correct, vous revenez sur le deuxième trait à chaque lancer, ce qui veut dire que vous optimisez au maximum votre lancer et n'avez pas de perte. L'automatisme se créé sur plusieurs semaines, il est le vecteur de la réussite par la suite.

LA PECHE A LA MOUCHE NOYEE

Qu'est-ce-que la mouche noyée artificielle?

Comme son nom l'indique, la mouche noyée artificielle est censée imiter une mouche naturelle noyée. Le travail du moucheur consiste à jouer sur l'agressivité du poisson, en faisant des tirées-relâchés, simulant à tour de rôle, les soubresauts de l'insecte avant sa mort, l'insecte mort en dérive inerte. Bien entendu, si vous mettez une imitation de nymphe en mouche intermédiaire sur votre train de mouches, la truite pourra la prendre pour un insecte montant à la surface de l'eau.

Il est curieux de constater que la plupart des moucheurs sont souvent renfermés dans des idées préconçues. La mouche noyée n'y échappe pas. Elle n'a pas la faveur des jeunes générations de moucheurs et pourtant, c'est une pêche subtile, pleine de finesse, et elle doit faire partie de la panoplie du moucheur moderne sans à priori qui fait face aux situations rencontrées.

En début de saison, la pêche à la mouche noyée se pratique de la berge, en descendant le cours d'eau, avec une canne longue d'environ 10 pieds, soit au train de mouches, soit avec une seule mouche en pointe. La pratique du wading est à éviter à ce moment-là de l'année sur certains secteurs, car en marchant sur le fond de la rivière nous maltraitons les frayères.

© M-A. JONCOUR - 2000